15 février 2007
Présentation du roman
Pour commencer, merci à vous qui visitez ce blog et merci à ceux et celles qui m'ont déjà acheté un exemplaire de mon premier roman, Situations. Ca m'encourage beaucoup et ce blog littéraire servira à vous faire connaître un peu mieux mon univers. J'y mettrai de temps en temps des extraits de textes qui ont une influence sur mon style d'écriture, ainsi que des textes de ma composition et les dernières nouvelles concernant mon roman ou mes futures productions que j'espère faire publier. Que vous ayez lu le livre ou non, n'hésitez pas à réagir aux articles par vos commentaires ou à me contacter personnellement.
Ce premier article vous montre la page de présentation du livre, ainsi qu'un court résumé :
En Fronce, à Gros-Noble dans la Nisère, Andy Raxafélure est un jeune homme curieux qui essaie de mieux comprendre notre monde. A force de questions et d’interrogations, quelques points s’éclaircissent et d’autres s’obscurcissent. Est-il vraiment utile de tout savoir ?
A la manière d’un personnage de Ionesco, Andy affronte les événements qui se présentent à lui comme il peut. Le roman ne présente pas de trame narrative principale mais une suite de situations. Ainsi Andy téléphonera au Père Noël, jouera au super-héros dans les rues tranquilles de Gros-Noble et fera ses courses dans un mégamarché grand comme une ville.
L’auteur, influencé par le théâtre de l’absurde, l’écriture délirante de Queneau, les films d’action américains, le style surréaliste de Desnos, l’humour de Bruno Salomone, les dessins animés, la mythologie grecque, la science-fiction, les romans médiévaux nous livre ainsi un roman tout à fait étrange, où la réalité à toutefois sa place, mais une réalité cruelle, qui nous rappelle que la vie est une succession d’événements (voulus ou non) à affronter.
Illustration couleur réalisée par Emmanuelle Laloge, jeune étudiante aux Beaux-arts de Marseille mais originaire de l'Isère.
17 février 2007
Extrait (début de la situation n° 3)
Voici un court extrait pour vous donner une idée du ton dominant du livre.
Andy raconte l'un de ses rêves, dont l'action se déroule pour commencer en Strasbourgie :
Ce qui est étonnant c’est qu’il n’y a pas d’habitants dans les rues. Je vais frapper à une maison au hasard. Une voix me répond à travers la porte :
« Qui êtes-vous ?
— Andy Raxafélure, mais mon nom ne vous dit sûrement rien. J’arrive de Gros-Noble en baignoire. Je me demande pourquoi il n’y a personne dans les rues, j’aimerais discuter avec les protagonistes de ce rêve.
— Allez-vous-en ! Les saucisses ont pris le pouvoir, elles sèment la terreur partout, elles nous imposent un couvre-feu, volent nos biens, tuent par plaisir.
— Je n’ai pas peur, je vous remercie, mais je suis dans un rêve.
— Comme vous voulez, je vous aurai prévenu.
— Au revoir. »
Pas de réponse de sa part. Ainsi les saucisses de Strasbourgie ont pris le pouvoir dans leur ville ! Ça devait bien arriver un jour. Effectivement j’aperçois à cent mètres devant moi une patrouille de saucisses qui vient vers moi. Chacune est équipée d’un couteau de cuisine de la longueur d’une épée. Ils mesurent entre 1,70 m et 1,80 m environ et portent un bel uniforme rouge jaune et bleu. Je vais tester leur intelligence, c’est la première fois que je vais parler avec de la nourriture !
« Halte ! me dit leur chef. Il est interdit de circuler librement dans les rues, sous peine de panpan-cucul.
— Mais je suis une saucisse moi aussi, je patrouille seul.
— Vous ne ressemblez pas à une saucisse ; mais comment savoir si vous dites la vérité ?
— Je ne sais pas c’est à vous de me le dire. Vous n’avez aucun moyen pour différencier les saucisses des non-saucisses ?
— Non, nous nous fions à la ressemblance physique. Mais selon toute vraisemblance vous êtes un humain.
— C’est exact, mais avant de m’arrêter pouvez-vous répondre à quelques questions s’il vous plaît ?
— Oui, mais dépêchez-vous alors.
— Quelle est la capitale de l’Australie ?
— Euh ! Sydney il me semble, c’est bien ça Maurice ?
— Je crois bien que oui, répond l’un des officiers saucisses.
— Eh non ! c’était Canberra ! Je vous ai eus !
— Ah ! c’était le piège ! Bien joué jeune humain. Une autre question !
— Combien font quatre fois deux plus un ?
— Je ne sais pas moi. Qu’est-ce que ça veut dire ça ?
— Ce sont des mathématiques. Quatre fois deux font huit et huit plus un font neuf (4 x 2 + 1 = 9). Et c’est le nombre que vous êtes.
— Nous sommes neuf ?
— Oui, vous ne savez pas compter ?
— Vous avez déjà vu une saucisse sachant compter, andouille ?
— Non, bien sûr. C’est bien ce que je pensais vous manquez d’intelligence. Vos dialogues ne seront pas intéressants pour moi.
— Ces paroles méritent la mort ! Venez çà que je vous estourbisse proprement !
— Non merci, je ne mourrai pas aujourd’hui, et de toute façon ce troupeau d’éléphants va vous manger.»
Effectivement un troupeau de ces pachydermes venait d’arriver. Ils étaient neuf, chacun mangea une saucisse et fut bien content de ce festin. Ils se mirent à parler ensuite des cours de la Bourse, sans prêter attention à moi. Je décidai donc de changer de lieu car la Bourse m’ennuie.
19 février 2007
L'Odyssée - Ulysse retrouve son chien Argos
Le premier texte évoqué dans ce blog fait partie d'une des grandes oeuvres de la littérature occidentale, à savoir L'Odyssée d'Homère. Dans cet extrait (chant XVII, 292-349), traduit par Leconte de Lisle, Ulysse (ici Odysseus) est rentré à Ithaque, transformé en vieillard par Athéna. Son fidèle porcher Eumée (ici Eumaios) ne l'a pas reconnu et, le prenant pour un vieillard, il l'accompagne dans son propre palais afin d'y retrouver sa femme et de préparer le massacre des Prétendants. Mais sur la route ils croisent un chien, qui reconnaît immédiatement son maître.
C'était Argos, le chien du malheureux Odysseus qui l'avait nourri lui-même autrefois, et qui n'en jouit pas, étant parti pour la sainte Ilios. Les jeunes hommes l'avaient autrefois conduit à la chasse des chèvres sauvages, des cerfs et des lièvres ; et, maintenant, en l'absence de son maître, il gisait, délaissé, sur l'amas de fumier de mulets et de boeufs qui était devant les portes, et y restait jusqu'à ce que les serviteurs d'Odysseus l'eussent emporté pour engraisser son grand verger. Et le chien Argos gisait là, rongé de vermine. Et, aussitôt, il reconnut Odysseus qui approchait, et il remua la queue et dressa les oreilles ; mais il ne put pas aller au-devant de son maître, qui, l'ayant vu, essuya une larme, en se cachant aisément d'Eumaios. Et, aussitôt, il demanda à celui-ci :
– Eumaios, voici une chose prodigieuse. Ce chien gisant sur ce fumier a un beau corps. Je ne sais si, avec cette beauté, il a été rapide à la course, ou si c'est un de ces chiens que les hommes nourrissent à leur table et que les rois élèvent à cause de leur beauté.
Et le porcher Eumaios lui répondit :
– C'est le chien d'un homme mort au loin. S'il était encore, par les formes et les qualités, tel qu'Odysseus le laissa en allant à Troiè, tu admirerais sa rapidité et sa force. Aucune bête fauve qu'il avait aperçue ne lui échappait dans les profondeurs des bois, et il était doué d'un flair excellent. Maintenant les maux l'accablent. Son maître est mort loin de sa patrie, et les servantes négligentes ne le soignent point. Les serviteurs, auxquels leurs maîtres ne commandent plus, ne veulent plus agir avec justice, car le retentissant Zeus ôte à l'homme la moitié de sa vertu, quand il le soumet à la servitude.
Ayant ainsi parlé, il entra dans la riche demeure, qu'il traversa pour se rendre au milieu des illustres prétendants. Et, aussitôt, la kèr de la noire mort saisit Argos comme il venait de revoir Odysseus après la vingtième année.
20 février 2007
Dictionnaire 2007 : les nouvelles définitions
Ces quelques redéfinitions de mots existants sont le résultat d'une consigne d'atelier d'écriture animé par Morgane Marzin, professeur à l'université Stendhal de Grenoble. L'exercice n'a rien d'inédit, il était déjà pratiqué par certains surréalistes et par Flaubert notamment, avec son Dictionnaire des idées reçues. Je soumets les définitions suivantes à vos commentaires.
ANTIMOINE adj. et n. Qui est hostile aux moines.
ARBUSTE n.m. Art de sculpter les bustes.
BABIROUSSA n.m. Nouveau-né ayant les cheveux roux.
BARBARISME n.m. Au Moyen Âge, langue romane parlée par les Barbares.
BASILIQUE n.f. Femelle du basilic.
BASKET-BALL [baskεtbol] ou BASKET n.m. [pl. basket-balls, baskets] (mot angl., basket-ballon) Sport opposant deux équipes de cinq joueurs qui doivent lancer une chaussure dans le panier suspendu de l’équipe adverse.
BOUCLIER v.t. Lier des cheveux en boucles.
BROCHURE n.f. Femelle du brochet.
CHAUDRON n.m. TRAV. PUBL. Goudron à haute température.
CLASSEUR n.m. Fonctionnaire de l’Éducation nationale, chargé de constituer les classes d’élèves dans une école, un collège ou un lycée selon des critères bien précis.
CRS ou C.R.S. [seεrεs] n.m. (sigle). Désigne le gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkozy, en fonction de mai 2002 à mars 2004.
DIARRHÉE MYTH. ROM. Divinité issue des sangs mélangés de Diane et de Rhea Silvia. Elle fut transformée par Jupiter en un torrent de boue.
DRAGON n.m. Dragueur inexpérimenté, ne sachant pas déclarer sa flamme.
ÉCHOGRAPHIE [ekografi] n.f. (gr. êkhô, son et graphein, écrire). Art d’interpréter les vibrations sonores et de transcrire leurs principales caractéristiques (fréquence, hauteur, intensité et timbre).
GRENOUILLE n.f. Pâte alimentaire, spécialité de la région de Grenoble.
HYPERBOLE n.m. Récipient hémisphérique de très grande taille, sans anses, qui sert à contenir certaines boissons.
Kleptomane, super-héros d’une bande dessinée américaine, stéréotype du gentleman cambrioleur.
LUSTRE n.m. Période de cinq lampes.
MONTGOLFIÈRE n. En Mongolie, patriotisme, nationalisme exagéré.
ORDINATEUR n.m. 1. Appareil ménager faisant de l’ordre dans une maison. 2. RELIG. Celui qui pratique l’ordination.
PAPILLOTE n.m.inv. Doyen des lettres grecques.
PAPOTAGE n.m. Absence de soupe lors d’un dîner.
PIAF n.m. Oiseau voyant la vie en rose.
PISSENLIT n.m. Fam. Énurésie.
PORTEFEUILLE n.m. Arbre non-résineux.
RÉFLÉCHIR v.t. Fléchir à nouveau.
SANGLIERv.t. Lier avec des sangles.
SORCIÈRE n.f. Anc.fr. Souricière.
TRAMPOLINE,prénom féminin dont l’abréviation usuelle est Pauline. (En français, lors d’une aphérèse de trois phonèmes dans un mot de huit phonèmes, si le quatrième phonème comporte la lettre « o » celle-ci deviendra « au ».)
TUBERCULE MYTH. GR. Tuyau souterrain emprunté à plusieurs reprises par Héraclès lors de ses douze travaux.
URANOSCOPE n.m. Télescope configuré spécialement pour l’observation de la planète Uranus.
VACHERIEn.f. Action méchante faite par une vache.
ZYTHON n.m. Mot inventé pour mettre à la fin du dictionnaire.
ZYTHUM n.m. Zython. Mot inventé tardivement pour empêcher zython d’être le dernier mot du dictionnaire.
27 mars 2007
Extrait (situation n° 9)
Voici un nouvel extrait du roman, dans lequel Andy, étudiant en lettres modernistes à l'université Stan Lee de Gros-Noble, essaye de se rendre à son premier cours à la fac. Il vient de se tromper de salle et cherche la bonne. (La photo ci-dessus a été prise à l'université Stendhal de Saint-Martin-d'Hères.)
Je sors de la classe. Je me dirige vers une salle au hasard pour suivre mon cours de mécanique des hydravions. J’ouvre donc une porte au hasard :
« Bonjour, c’est ici le cours de mécanique des hydravions ?
— Non, ici vous êtes dans un placard.
— Mais... qui parle ?
— Tu ne me vois pas mais je suis l’esprit du placard. Je contiens des instruments de nettoyage du style balais, serpillières, savons, gel douche à disposition des robots nettoyeurs afin de garder l’université super clean.
— Je ne savais pas que les objets pouvaient avoir un esprit. Au revoir !
— Ciao, mec ! »
J’entre dans une autre salle au hasard :
« Bonjour, je suis bien dans la classe de mécanique des hydravions ?
— Oui, tu peux entrer André, nous t’attendions.
— Comment savez-vous que je m’appelle André ? D’ailleurs je m’appelle Andy, pas André, mais vous avez trois lettres correctes.
— J’ai suivi ton combat pour l’inscription en lettres modernistes, tu as été brillant.
— Merci... mais, euh ! Pourquoi je suis le seul élève dans cette salle ? Où sont les autres ?
— Je ne sais pas, en principe j’en attends une trente-deusaine. Ils sont peut-être tous malades, ou absents pour une quelconque raison. L’important c’est que tu sois là, tant pis s’ils ratent leur premier cours, ils rattraperont les leçons.
— Oui, voilà, ils n’ont qu’à pas être absent !
— Parfaitement ! Bon, commençons. Malheureusement je n’ai pu me procurer d’hydravion pour des raisons évidentes : la salle est mal éclairée, et peut-être un peu petite. Tant que nous n’en avons pas ce sera atelier pâte à modeler.
— Youpi ! Ça fait longtemps que j’en ai pas fait !
— Tu vas devoir me modeler un bonhomme. N’oublie pas de faire les bras et les jambes. La note comptera avec la note d’exam de fin de semestre.
— O.K., no problemo.
— Bon, je te donne le matériel, choisis les couleurs que tu veux. Voilà. Et tu peux repartir, ce sera un travail à la maison, en attendant l’hydravion. Et maintenant tu as cours d’histoire de la Moldavie à 13h30.
— Merci beaucoup, au revoir !
Je ne savais pas que les lettres modernistes étaient si intéressantes !






